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 LA 2° FRENCH ARMORED DIVISION

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mick



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MessageSujet: LA 2° FRENCH ARMORED DIVISION   Dim 8 Juil - 11:29

* Groupement tactique "Dio" (G.T.D)

Reconnaissance: 4e R.M.S.M
Blindés: 12e Cuirassiers
Chasseurs de Chars: 3e R.B.F.M
Infanterie: 1er Régiment de Marche du Tchad
Artillerie: 1/3e R.A.C
Génie: 2/13e Bataillon du génie

* Groupement tactique "Langlade" (G.T.L)

Reconnaissance: 2e R.M.S.M
Blindés: 12e Régiment de Chasseurs d'Afrique
Chasseurs de Chars: 4e R.B.F.M
Infanterie: 2e Régiment de Marche du Tchad
Artillerie: 1/40e R.A.N.A
Génie: 2/13e Bataillon du génie

* Groupement tactique Warabiot (G.T.V)

Reconnaissance: 3e R.M.S.M
Blindés: 501e Regiment de Chars de Combat
Chasseurs de Chars: 2e R.B.F.M
Infanterie: 3e Régiment de Marche du Tchad
Artillerie: 11/64e R.A.
Génie: 2/13e Bataillon du génie

Les origines

Août 1944 – Leclerc avec ses hommes du 501e RCC (CR de Basse-
Normandie / National Archives USA)
L'histoire de la 2e Division Blindée Française est intimement liée à celle du Général Leclerc. Celui-ci, en captivité après la campagne de France, parvint à s’évader et à rejoindre le Général de Gaulle à Londres dès la fin juin 1940. Il se vit confier la mission de rallier l'Afrique Équatoriale Française au camp de la France Libre.

Ce sera chose faite avec le ralliement du Cameroun dès le 27 août, puis du Gabon le 10 novembre. La libération de l’AEF permit à Leclerc de disposer d’un réservoir de ressources et d’une base de départ pour poursuivre la guerre aux côtés des Alliés. Rapidement, il lança les troupes de l'armée africaine dans une série de raids à travers le désert. Pour le premier d’entre eux, partant du Tchad avec 400 hommes, il traversa 1 500 kilomètres et s'empara de l'oasis italienne de Koufra, en Libye. C'est à Koufra que, le 1er mars 1941, Leclerc prêta serment de "ne déposer les armes que lorsque nos couleurs flotteront sur la cathédrale de Strasbourg".

Cette politique de raids fut continuée entre 1941 et 1942, Leclerc menant alors avec succès une série d'opérations contre les oasis italiennes du Fezzan (sud-ouest de la Libye). Ces succès lui vaudront la promotion au rang de général de brigade. Le 26 janvier 1943, les forces de Leclerc se joignirent à la 8e Armée de Montgomery, pour prendre part à la campagne de Tunisie. La colonne Leclerc prit alors le nom de "Force L". Rapidement rebaptisée 2e Division Française Libre, elle s'enrichit de la 1ère compagnie de chars et du 1er régiment de marche de Spahis Marocains. C’et sous cette forme qu’elle entra à Tunis en mai 1943.
De la colonne Leclerc à la 2e DB

A l'été 1943, Leclerc reçut de De Gaulle la mission de transformer la 2e Division Française Libre, qui ne comptait encore que 4 000 hommes, en 2e Division Blindée, organisée et équipée sur le modèle des unités américaines. Le 24 août 1943, la 2e DFL devient officiellement la 2e division blindée.

En septembre, la 2e DB naissante fut regroupée au camp de Temara, au Maroc, pour bénéficier de la proximité des matériels américains et de leurs zones d'entraînement. Leclerc parvint à compléter ses effectifs et à trouver 12 000 hommes en intégrant non plus des engagés individuels, mais des unités complètes (fidèles jusqu’en novembre 1942 à Vichy). A noter, la Division comportait un effectif féminin : le 13e bataillon médical.

Naturellement, De Gaulle souhaitait voir participer la division au débarquement en Normandie. Aussi, progressivement, les hommes et l’équipement quittèrent le Maroc pour l'Angleterre à partir d’avril 1944. La 2e DB fut rattachée à la 3e Armée US du Gen. Patton. Après de derniers entraînements dans le Yorkshire, la 2e DB reçut l’ordre tant attendu de débarquer, le 1er août, à Utah Beach.
La bataille de Normandie


La 2e DB reçut une double mission, militaire et politique. Sa mission militaire est de combattre au sein de la 3e Armée de Patton pour exploiter à fond la brèche ouverte à Avranches. L’aspect plus politique de son rôle était de marcher sur Paris pour écarter du pouvoir tout à la fois les Américains (AMGOT) et les communistes.

Au sein de la 3e Armée US, la 2e DB fut immédiatement engagée dans les combats de Mortain. Le 9 août, elle rejoignit Le Mans, puis mena un combat décisif en direction d'Alençon (qu’elle libéra le 12 août), Ecouché (libéré le 13), puis Argentan, au cours duquel elle affronta la 9e division blindée allemande remontée de Nîmes.

Le haut commandement allié souhaitait voir la 2e DB participer au verrouillage de la poche de Falaise. Pour cela, à partir du 13 août, la 2e DB nettoya la région d'Argentan. Pourtant, l’attention de Leclerc n’était plus en Normandie : les regards portaient maintenant sur Paris insurgé. Le 21 août, couvert par de Gaulle mais sans l'autorisation d'Eisenhower, Leclerc ordonna à un détachement commandé par le commandant de Guillebon de foncer vers Rambouillet. Finalement, c'est Bradley qui, le soir du 22, avalisa le mouvement sur Paris.

Au terme de la bataille de Normandie, la 2e DB Française déplorait 133 tués, 648 blessés et 85 disparus.
La libération de Paris


La grève de la préfecture de police avait donné le signal à l’insurrection générale. Après quelques jours de combats dans la capitale, mais surtout au vu de la déliquescence du front de Normandie, les troupes allemandes avaient commencé à évacuer Paris mais occupaient encore des positions importantes, organisées autour de points d’appuis.

Le 23, la division progressa en deux colonnes parallèles : les groupements tactiques Langlade et Dio par Mortagne, Maintenon, Rambouillet, Saint-Cyr, et le groupement Billotte par Carrouges, Mamers, Chartres, Orsay; le soir même, Leclerc était à Rambouillet. La progression reprit le 24, cette fois ci avec des accrochages plus importants contre les nids de résistance ennemis.

Parvenu à la Croix de Berny, Leclerc ordonna au capitaine Dronne de "filer immédiatement au coeur de Paris". A 20h45, les trois chars de son détachement, Champaubert, Montmirail, et Romilly, pénétrèrent dans la capitale et atteignirent peu après l’Hôtel de ville, tandis que toutes les cloches de la capitale sonnaient pour célébrer l’arrivée du premier détachement de la 2e DB.

Le vendredi 25 août 1944, le groupement Billotte se dirigea sur la préfecture. Au passage, la Kommandantur, située place de l'Opéra, fut enlevée, et Leclerc put reçevoir la reddition du général von Choltitz, commandant le Gross Paris. A 16 heures, De Gaulle retrouva Leclerc à la gare Montparnasse, avant de prononcer son discours à l'Hôtel de Ville. Après avoir participé au défilé de la victoire sur les Champs-Élysées, le 26 août, un groupement de la 2e DB eut à repousser la contre-attaque allemande sur Le Bourget, Stains, et Pierrefitte. L’échec de cette contre-offensive permit de chasser définitivement les troupes allemandes cantonnées dans la banlieue nord.
Libération de l’Est


Une fois Paris libéré, la 2e DB fut envoyée vers Strasbourg. Leclerc prit la direction des Vosges et de l'Alsace, avec Epinal comme objectif. Son parcours fut ponctué de plusieurs victoires: prise de Vittel (12 septembre), destruction de la 112e brigade blindée allemande à Dompaire (13 septembre), franchissement de la Moselle (21 septembre). Puis ce fut la poussée vers l'est, qui commenca par la prise de Badonviller le 17 novembre.

Après avoir franchi les Vosges en trois jours par de petites routes pour prendre à revers l’ennemi, la 2e DB libéra Saverne dès le 22 novembre, ouvrant ainsi la route de Strasbourg. Leclerc, sans avertir ses supérieurs américains, ordonna d’attaquer en contournant toutes les poches de résistance susceptibles de provoquer des retards : son objectif était d’entrer dans la ville le plus vite possible. Cinq colonnes de blindés s'élancèrent donc le 23 novembre vers la capitale alsacienne. Malgré la résistance de plusieurs forts entourant la ville, le détachement du colonel Rouvillois réussit à pénétrer dans Strasbourg. Leclerc s'installa vers 14h00 au Palais du Rhin, d'où s’étaient enfuis les principaux responsables nazis qui avaient administré la capitale alsacienne pendant plus de quatre ans. Le serment de Koufra était tenu.
La campagne de 1945

La prise de Strasbourg marqua la fin de la campagne de 1944. Faute de renforts et de ravitaillement, Leclerc ne put franchir le Rhin. Il faudra attendre fin janvier 1945 pour voir la 2e DB intégrée à la 1ère Armée Française et déployée contre la poche de Colmar – cette dernière sera prise le 3 février.

Chargée de réduire la poche de Royan, sur l’Atlantique, en avril 1945, la 2e DB ne fut envoyée en Allemagne qu’en tout début du mois de mai 1945. Elle fut rattachée à la 7e Armée US, qui avançait en Bavière. Le dernier combat de la 2e DB fut la prise de Berchtesgaden, résidence privée de Hitler, le 8 mai 1945.


Dernière édition par le Lun 20 Aoû - 21:35, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: LA 2° FRENCH ARMORED DIVISION   Dim 8 Juil - 11:44

Commandant : Général De Hautecloque ou Leclerc (nom de résistance)
Composition en Août 1944 :

Infanterie
Régiment de marche du Tchad (R.M.T): Colonel Dio
Constitué en trois bataillons de 3 compagnies et d’une Compagnie d’appui par bataillon.
1° R.M.T : Commandant Farret
2° R.M.T : Commandant Massu
3° R.M.T : Commandant Putz

Reconnaissance blindée
1° régiment de marche de Spahis Marocain (1° R.M.S.M) : Colonel Remy
Constitué de 5 escadrons (Chars Stuart M1, Automitrailleuses M8, et Half-tracks)
1° escadron : Cne Morel-deville
2° escadron : Cne Pallu
3° escadron : Cne Da
4° escadron : Cne Savelli
5° escadron : Lt Kochanovky

Régiments de chars
501éme Régiment de char de combat (R.C.C) : Commandant Cantarel
Régiment de chars de combat 4 compagnies plus une Compagnie hors rang
1ére Compagnie : Cne Buis - 17 Sherman M4
2eme Compagnie : Cne De Witasse - 17 Sherman M4
3eme Compagnie : Cne Branet - 17 Sherman M4
4eme Compagnie : Cne De Gavardie - 17 Sherman M4 + 1Stuart M1
Compagnie Hors rang

12éme régiment de Chasseurs D’Afrique (R.C.A):Colonel De Langlade
4 escadrons, plus un escadron hors rang.
1° escadron : Cne Du Hats - Automitrailleuses M8
2eme escadron : Lt Coupe - 17 Sherman M4
3eme escadron : Cne De Bort - 17 Sherman M4
4eme escadron : Cne Hargous - 17 Sherman M4
escadron hors rang : Cne Baillou -

12eme Régiment de Cuirassiers (R.C ou 12° cuirs): Colonel Noiret
4 escadrons, plus un escadron hors rang
1° escadron : Cne d'Orgeix - 17 Sherman M4
2eme escadron : Lt Noel - 17 Sherman M4
3eme escadron : Cne Gaudet - 17 Sherman M4
4eme escadron : Cne De Laitre - 17 Stuart M1
Escadron hors rang : Cne Thomas

Chasseurs de chars
Régiment blindé de fusiliers marins (R.B.F.M): Capitaine de Corvette Maggiar
4 compagnies, plus une Compagnie hors rang.
1° escadron : Lt de vaisseau Guillon - Tank Destroyer M10
2eme escadron : Lt de vaisseau Pauly - Tank Destroyer M10
3eme escadron : Lt de vaisseau Bonnet - Tank Destroyer M10
4eme escadron : Lt de vaisseau Richard - Tank Destroyer M10
Escadron hors rang : Lt de vaisseau Olieu

Artillerie : Chef d'escadron Fieschi
1° groupe du 3° Régiment d’artillerie coloniale 3° R.A.C : Chef d'escadron Fieschi
1° groupe du 40° Régiment d’artillerie Nord Africaine 40° R.A.N.A : Chef d'escadron Mirambeau
2° groupe du 64° Régiment d’artillerie : Chef d'escadron Tranie

Force antiaérienne FTA : Chef d'escadron Lancrenon
22° groupe colonial de FTA

Unités de soutien :
Génie :13° bataillon : commandant Delage
Transmission : 97/84° Compagnie de transmission
Intendance : 15° Groupe de réparation G.E.R
Train : Cne Dubois
97° Compagnie de Q.G
197° Compagnie de transport
297° Compagnie de transport
397° Compagnie de circulation routière
497° Compagnie de service
Santé : 3° Compagnie médicale et d’ambulance

ORGANISATION

Organisée sur le modèle US, comme les deux autres divisions blindées françaises la deuxième DB se compose organiquement de trois régiments de chars, d’un régiment de reconnaissance, d’un régiment d’infanterie à trois bataillons portés, d’un régiment de chasseurs de chars, d’une artillerie divisionnaire à trois groupes de 105 automoteur, type M7B1, d’un groupe de défense antiaérienne (affûts de 40 Bofors montés sur châssis de GMC), d’un bataillon de génie et de services.
La division se subdivisant en 3 groupements tactiques, les C.C de l’anglais Combat Command, composés d’un régiment de char, d’un bataillon d’infanterie portée, d’un escadron de reconnaissance, d’un groupe d’artillerie automoteur, d’un escadron de chasseurs de chars, et d’éléments de services.

Les C.C (Combat Command) ou groupements tactiques de la 2éme division blindée

1° groupement : Groupement tactique Dio
1° bataillon R.M.T
4° escadron R.M.S.M
12° Cuirassier
3° escadron R.B.F.M
1/3 R.A.C - artillerie -
13° bataillon du Génie, 2° Cie
2° Cie médicale - Groupe ambulances de la Marine "Marinettes"

2éme groupement : Groupement tactique Langlade
2° bataillon R.M.T
2° escadron R.M.S.M
12° Chasseur d’Afrique
4° escadron R.B.F.M
1/40 R.A.N.A - artillerie -
13° bataillon du Génie, 1° Cie
3° Cie médicale - Groupe ambulances Quakers -

3éme groupement : Groupement tactique Warabiot
3° bataillon R.M.T
3° escadron R.M.S.M
501° R.C.C
2° escadron R.B.F.M
11/64 R.A - artillerie -
13° bataillon du Génie, 3° Cie
1° Cie médicale - Groupe ambulances Rochambeau "Rochambelles"

4ème groupement : Groupement tactique Rémy
E.H.R
1° Cie 3° R.M.T
1°, 6°, 7° escadron R.M.S.M
1° batterie 11/64° R.A
1° escadron R.B.F.M

Ce 4° groupement n'est pas opérationnel constamment, il est constitué en fonction de la demande et sera mis sur pied notamment en Normandie, on le retrouve à Paris puis en Lorraine.
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MessageSujet: Re: LA 2° FRENCH ARMORED DIVISION   Dim 8 Juil - 11:46

La renaissance des forces blindées Françaises
"1942-1944"


Au moment de l’armistice, en Juin 1940, un certain nombre de véhicules blindés et de chars de combat étaient stationnés outre mer. Pour ce qui est de l’Afrique du Nord on pouvait compter sur 268 chars modernes, principalement des Hotchkiss Mle 35, des Renault Mle 35, des Somua et D1. Ce chiffre est toutefois à prendre avec prudence, en effet il s’agit des effectifs donnés aux commissions d’armistice Germano-Italienne. En réalité il semble que les chiffres plus exacts seraient de l’ordre de 378, auxquels il faut ajouter 174 automitrailleuses et 51 chenillettes d’infanterie, cela ne tenant pas compte des 244 vieux chars FT 17/31. Regroupés dans des bataillons de chars et une « brigade mécanique », en réalité la 6° Division de Cavalerie Légère renforcée, ces blindés reprirent le combat lors de l’opération Torch en 1942.

Après avoir combattu les forces Germano-Italiennes lors de la campagne de Tunisie les forces blindées françaises étaient à bout de souffle, le matériel était désuet et souvent hors d’usage. Elles attendaient avec impatience de nouveaux équipements. Se référant aux accords d’Anfa qui prévoyaient une arrivée d’armement en Afrique du Nord le commandement Français avait tablé sur le réarmement et la constitution de 4 divisions Blindées.

Mais rapidement il s’avéra que ce pronostic était un peu trop optimiste, en effet il ne tenait pas compte des brouilles politiques qui déchiraient les divers acteurs en présence à Alger. Divergence de vue entre les tenants d’une fidélité au Maréchal Pétain encore forte chez certains chefs militaires, et qui se voyaient comme les dépositaires de la tradition militaire de l’état en opposition avec des officiers des Forces Francaises Libres de De Gaulle, rancunes entre les anciens ennemis des combats de Syrie, auxquels se rajoutait la méfiance maladive de Roosevelt vis à vis de ce Général De Gaulle peu malléable et en qui il voyait un possible futur dictateur.

Méfiance qui atteignit son sommet par la tentative avorté de lui trouver un opposant au sein même de l’armée par l’intermédiaire du Général Giraud. Il fallut donc attendre que les événements se stabilisent pour que le réarmement puisse se développer sur des bases assainies. Néanmoins, le commandement français avait vu un peu trop large, en effet si les Américains étaient préts à aider, encore fallait-il que cela soit fait selon les plans US ; à savoir avec des services logistiques importants.

Il fut donc nécessaire de sacrifier la 3° Division Blindée du général Saint Didier qui était déjà en cours d’élaboration, crée le 1er Septembre 1943 elle sera dissoute le 1er Septembre 1944, le commandement parvenant à sauver un certain nombres d’éléments organiques qui furent versés à la réserve générale d’armée, comme le 2° Dragon, les 7° et 8° Chasseurs d’Afrique. Ces éléments n’ayant pas encore reçu leurs équipements seront équipés en chasseurs de chars TD M10, le 2° Régiment de Spahis de Reconnaissance sera lui équipé de chars légers Stuart M3 A5 et d’automitrailleuses M8.

Au même moment la deuxième Division Blindée dont on avait entrepris la mise sur pied sous la forme d’une brigade blindée appuyée par une brigade d’infanterie portée fut reconstituée sur le modèle américain de trois groupements de combat associant les diverses armes, chars, infanterie, éclairage, artillerie et génie. Mais pour des raisons de prestige et de rang elle dûe abandonner le numéro deux au profit de la Force L, l’ancienne Colonne Leclerc qui s’était distinguée à Koufra et en Tunisie. L’ancienne 2° division prenant le chiffre de 5° Division Blindée le 16 Juillet 1943. Pour ce qui est de la 1° Division Blindée, c’est au Général Du Vigier ancien commandant de la brigade mécanisée de Tunisie que revint la tache de l’organiser en s’appuyant sur les anciens régiments de cavalerie de l’Armée d’Afrique, Chasseurs d’Afrique les Zouaves, et l’artillerie d’Afrique.
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MessageSujet: Re: LA 2° FRENCH ARMORED DIVISION   Lun 15 Oct - 9:53

quleques photos de la division Leclerc:



L'M8 LV VASSAL


Photo d'une cérémonie en l'honneur de 30 spahis tombés lors de la prise d'un village alsacien.

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MessageSujet: Re: LA 2° FRENCH ARMORED DIVISION   Lun 15 Oct - 9:58

Photos du 2 escadron de saphis:


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MessageSujet: Re: LA 2° FRENCH ARMORED DIVISION   Lun 15 Oct - 10:09

Le 1er Régiment de marche des spahis marocains:

Le 1er RSM est l'héritier de l'unité du même nom qui s'illustra dans l'armée d'orient en 1917, en recevant cinq citations à l'ordre de l'armée. En 1940, stationné au levant, il sera réparti en deux groupes de reconnaissance de division d'infanterie (GRDI). Dès le 30 juin, le capitaine Paul Jourdier rallie avec son escadron la France Libre et rejoint le Soudan anglo-égyptien. Un mois plus tard, au camp de Moaskar, il constitue avec le BIM les Forces françaises libres du Moyen-Orient. Au début de 1941, les "Calots rouges*" de Jourdier sont engagés en Erythrée, avant de regagner la Syrie (mai-août 1941). Devenu Groupe de reconnaissance de corps d'armée (GRCA), à trois escadrons (dont deux à cheval), l'unité s'entraîne en vue de participer aux opération de Libye.

En décembre 1941, le 3e escadron - le seul équipé d'automitrailleuses - commandé par le capitaine de Courcel est mis à la disposition de la Brigade Kœnig et il sera utilisé dans les opérations contre les troupes de l'Axe en Libye. En mai 1942, les deux autres escadrons quittent la Syrie pour l'Egypte, où il seront affectés à la 2e BFL (général Cazaud). A l'automne, le 1er RMSM succède au GRCA ; constitué de quatre escadrons, il est confié au commandant Jean Rémy et va former, avec la 1re compagnie de chars du 501e RCC, deux groupes de reconnaissance sur le modèle des "colonnes volantes" britanniques (Flying Columns), sous les ordres des commandants Rémy et de Kersauzon : le GR 1 est dirigé sur Fayoum, le GR 2 sur Samaket-Gabalia, au sud du front de la VIIIe armée.

Le 25 septembre 1942, les deux GR reconstituent le 1er RMSM (commandant Rémy), qui va être engagé dans la bataille d'El Alamein, avant d'être rattaché, successivement, à la 44e DI britannique, à la 4e DI hindoue, puis à la 4e brigade blindée britannique. Au début de 1943, le RMSM prend part à la campagne de Tunisie**, où il est mis, le 12 mars, à la disposition de la "Force L" (l'ex-Colonne Leclerc, venue du Tchad). Après la chute de Tunis, il rejoint la 1re DFL au camp de Sabratha (Libye), avant de faire mouvement avec la 2e DFL (future 2e DB) au camp de Temara (Maroc), où il devient le régiment de reconnaissance de la 2e DB. Il comprend alors, toujours sous les ordres du colonel Rémy, six escadrons - dont quatre équipés d'automitrailleuses.

Le jour de Pâques 1944, il embarque pour l'Angleterre, d'où il partira, le 31 juillet, pour débarquer à Sainte-Mère-Eglise. Il accompagne ensuite la division Leclerc et se distingue au Mans, à Ecouché et à Argentan. Engagé dans les Vosges et sur le front de l'Atlantique, il traverse ensuite l'Allemagne et son 3e escadron sera parmi les premières troupes françaises à entrer au "Nid d'aigle" de Hitler à Berchtesgaden. Durant toute la campagne de France, les spahis auront capturé plus de 26.000 soldats ennemis et détruit vingt chars, vingt canons, 200 véhicules et même un avion. Il sera fait Compagnon de la Libération le 7 août 1945.

* La coiffure de l'escadron Jourdier avait été conçue par la générale Catroux, marraine de l'unité, et taillée dans les anciens burnous des spahis.
** Il s'illustrera notamment lors des combats de Médenine, Bordj Fedjej, Mezzouna, Djebel Garci.

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MessageSujet: Re: LA 2° FRENCH ARMORED DIVISION   Lun 15 Oct - 10:13

501e Régiment de chars de combat (RCC ou "Royal Cambouis")

Au début de juillet 1940, les équipages de treize chars rescapés de la campagne de Norvège se rallient au général de Gaulle et constituent la 1re compagnie autonome de chars de combat , commandée par le lieutenant Jean Volvey. Rejointe par une poignée de jeunes volontaires venus de France, dotée d'une nouvelle devise ("Toujours prête"), la compagnie quitta l'Angleterre le 31 août à bord du Pennland avec l'armada franco-britannique en route vers Dakar. Pendant ce temps, une 2e compagnie de chars de combat est créée à Camberley, qui sera successivement commandée par les lieutenants Grosnier et Ratard, puis par le capitaine de Witasse ; affectée au Tchad, elle embarque à Liverpool à bord du Northumberland. Une 3e compagnie sera créée le 1er décembre 1941 par le lieutenant Branet sous l'appellation d'"Escadron mixte"*.

Après l'échec de l'opération Menace, la 1re compagnie débarque au Cameroun, puis prend part au ralliement forcé du Gabon (novembre 1940), avant d'embarquer pour le Moyen-Orient ; elle arrivera à Suez le 23 avril 1941 pour rejoindre la 1re DLFL en Palestine. Du 8 juin au 13 juillet, elle prend part à la campagne de Syrie, stationne ensuite à Damas et à Beyrouth, où elle reçoit des renforts et un nouveau matériel. En avril 1942, équipée de chars anglais Crusader, elle forme en Egypte avec les escadrons d'automitrailleuses et les auto-canons de spahis, la 1re Colonne volante des FFL (First Free French Flying Column). Intégrée à la VIIIe armée britannique, elle est engagée avec la division Kœnig dans la bataille d'El Alamein (octobre-novembre 1942). En février 1943, elle entre en Tunisie avec la "Colonne volante" et s'illustre lors de la bataille de Médenine et Foum-Tatahouine. Rattachée à la "Force L", elle partage ensuite le sort de la future division Leclerc.

Après avoir fait partie des troupes du Tchad à l'automne 1941, la 2e compagnie est envoyée au Nigeria, où elle est chargée de surveiller un éventuel coup de force vichyste depuis le Sénégal et le Niger. En février 1943, elle rejoint l'Egypte, où elle est rattachée à la 1re DFL ; au début de juin, elle embarque à Alexandrie pour Tripoli. Quelques jours plus tôt, la 3e compagnie avait débarqué à Suez, avant d'être à son tour acheminée sur Tripoli et le camp de Sabratha. C'est là que les trois compagnies de chars se forment d'abord en bataillon, puis en régiment, sous les ordres du chef de bataillon Cantarel et l'appellation de 501e RCC. Le 28 août, la nouvelle unité rejoint Leclerc à Temara ; elle y est intégrée à la 2e DB, avec une nouvelle compagnie (la 4e), commandée par le lieutenant de Gavardie-Monclar.

Au printemps 1944, le RCC s'embarque pour l'Angleterre et débarque à Utah Beach les 2 et 3 août suivant. Dans le cadre du "Groupement tactique V" (GTV) de la 2e DB, il s'illustrera lors des combats d'Alençon, d'Ecouché - dont la 1re compagnie s'emparera le 13 août - et jouera un rôle important dans la fermeture de la poche de Falaise. Le 23 août, le RCC fonce sur Paris**, où une section de la 2e compagnie pénétrera en même temps que le détachement Dronne. Il prend ensuite part à toutes les phases de la bataille des Vosges*** avec le GTV, en faisant preuve d'une bravoure et d'une hardiesse manœuvrière, qui lui vaudront une citation à l'ordre de l'armée le 17 décembre 1944. En lui attribuant la croix de la Libération**** le 10 août 1945, le général de Gaulle rappellera:

"Au cours des cinq dernières années de combats constants contre l'Allemand, les unités du 501e RCC ont pris part glorieusement à la marche victorieuse des armes de la France Libre, puis à celles de l'Armée française rassemblées contre l'ennemi commun, apportant une participation importante aux campagnes de Syrie, de Libye, de Tunisie, de France et d'Allemagne et plantant son drapeau avec celui des unités voisines jusqu'au cœur de l'Allemagne hitlérienne à Berchtesgaden."



* En mars 1943, rebaptisé Escadron de chars, l'escadron Branet embarquera pour le Moyen-Orient
** Il s'illustrera lors des combats de Longjumeau, d'Antony et de Fresnes.
*** Entre autres, aux combats de Rambervillers et Baccarat, avant de forcer la défense ennemie entre Badonviller et la Vezouze et de s'emparer de Marmoutier. Puis il participera activement à la réduction des poches d'Alsace vers Herbsheim et Witternheim, puis jusqu'au Rhin, en direction de Marckolsheim et Grossenheim.
**** Par ailleurs, sept officiers du 501e RCC seront faits Compagnons de la Libération : les capitaines Jean Volvey, Daniel Divry, Georges Buis et le lieutenant Robert Galley (1re compagnie), les capitaines Jacques Branet et Alain de Boissieu (3e compagnie), le lieutenant Jean Nanterre (4e compagnie).

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MessageSujet: Re: LA 2° FRENCH ARMORED DIVISION   Lun 15 Oct - 10:15

Régiment de marche du Tchad (RMT)
Le Régiment de tirailleurs sénégalais du Tchad (RTST) est l'une des toutes premières unités de l'Empire à rallier la France Libre, sous le commandement du colonel Pierre Marchand, commandant militaire du territoire (26 août 1940). Le 3 décembre, le colonel Leclerc est nommé chef du RTST et commandant militaire du Tchad, chargé par le général de Gaulle, avec de très faibles moyens, d'une mission d'une importance stratégique capitale : ouvrir un front français aux confins du Tchad et de la Libye. Avec quelques adjoints de valeur (le lieutenant-colonel d'Ornano, les capitaine Massu et de Guillebon, le lieutenant Eggenspiller) et des effectifs importants (6.000 hommes, dont 500 Européens), Leclerc prépare le raid contre Mourzouk, où Jean Colonna d'Ornano trouvera la mort (11 janvier 1941), et surtout la prise de Koufra (1er mars). La campagne fut menée par un détachement du RTST, à qui reviendra la gloire d'avoir remporté la première victoire purement française en Afrique orientale.

Le régiment tchadien ne changera d'appellation qu'en juin 1943 au camp de Sabratha (Tripolitaine), au moment de la constitution de la 2e DFL, future 2e DB. Dans l'intervalle, il aura constitué le fer de lance de toutes les campagnes de la colonne Leclerc - devenue "Force L" à la fin 1942 - en Afrique (Fezzan, Tripolitaine, Tunisie). Renforcé d'éléments venant du Corps franc d'Afrique, avec le commandant Putz, des volontaires d'Afrique du Nord - tous très jeunes et beaucoup de la région d'Oran - et des évadés de France par l'Espagne, et de l'armée d'Afrique, commandé par le lieutenant-colonel Dio, le Régiment de marche du Tchad (RMT) comprend désormais trois bataillons et une compagnie de commandement régimentaire.

De septembre 1943 à juillet 1944, d'abord au camp de Temara (Maroc), puis en Angleterre, le RMT subira un entraînement intensif, comme les autres unités de la division*, avant de débarquer à Utah Beach le 1er août 1944 et d'être engagé dans la bataille de Normandie**. Au soir du 24 août, c'est un détachement du RMT (la 9e compagnie du 3e bataillon, commandée par le capitaine Dronne) qui entra le premier dans Paris; le lendemain, ce furent "ceux du Tchad" qui s'emparèrent du Majestic et du Meurice, hauts lieux de l'occupation allemande dans la capitale. Le RMT sera ensuite de toutes les opérations menées par la 2e DB***. Sa citation à l'ordre de l'armée, publiée au Journal officiel du 12 juin 1945, s'achèvera par ces mots : "Seule unité constituée qui se soit, dans son ensemble et dès les premiers instants, refusée à capituler, a montré dans tous les combats et sur tous les fronts une ardeur, une habileté manœuvrière et un esprit de sacrifice digne des plus belles traditions de l'Infanterie coloniale." Le RMT se verra en outre attribuer la croix de la Libération.


* Le RMT était le noyau central de la Division, mais celle-ci comprenait en outre : trois régiments ou groupes d'artillerie (3e RAC, 64e RADB, 40e RANA), un groupe de canons antiaériens, un régiment de reconnaissance (le 1er RMSM), trois régiments de chars (501e RCC, 12e RCA, 12e régiment de cuirassiers), un régiment de chasseurs de chars (le régiment blindé de fusiliers marins), un bataillon du Génie et plusieurs unités (santé, réparations, train, services). Pendant la campagne de France, ces unités furent réparties entre quatre groupements (Dio, Langlade, Guillebon, Rémy).
** Il s'illustrera notamment dans les combats de la forêt d'Ecouves.
*** Notamment à Baccarat, à Strasbourg et sur l'Ill

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MessageSujet: Re: LA 2° FRENCH ARMORED DIVISION   Lun 15 Oct - 10:27

Ici vous pourrez découvrir le témoignage du Général de Boissieu que nous avons eu la chance de rencontrer en 2004 à nantes, ce que je me souviens le mieux ce sont les mots qu'il a eu pour nous ce jour là,

"les garçon, pour nous c'est fini, c'est à vous qu'il revient de porter les couleurs de la division Leclerc, de la france, je compte sur vous..."

Un personnage fantastique, qui malheureusement nous a quitté il n'y a pas longtemps

Libération de Paris:

Au moment de la libération de Paris, le général de Boissieu, alors capitaine, qui avait été d’abord officier de liaison à l’état-major du général Leclerc après avoir servi à l’état-major particulier du général de Gaulle à Londres, est devenu responsable du PC-avant du général commandant la 2e DB et de l’unité blindée qui est à sa disposition, l’«escadron de protection.»
Il se trouve donc à un poste d’observation particulièrement favorable, aux côtés du général Leclerc, pour suivre toute l’affaire. Nous le remercions vivement d’avoir bien voulu nous faire connaître la remarquable et secrète entente de Gaulle-Leclerc pour la libération de Paris.

*

Sur le point d’écrire son très bon livre «Paris brûle-t-il?», Dominique Lapierre vint me voir à Saint-Germain-en-Laye, où je commandais la 2e brigade blindée, héritière des traditions de la 2e DB. Répondant à ses questions, je lui faisais remarquer que c’était à Alger, fin 1943, que s’était décidée la libération de Paris par la 2e DB.

Il ne retint pas ce fait historique; de même, le film qui en fut tiré sembla l’ignorer. Par contre, le scénario insiste longuement sur la mission Gallois-Cocteau, chef d’état-major du colonel Rol-Tanguy.

Quelle est donc l’histoire de cette mission et de son issue?

Le 20 août, le docteur Monod, résistant, patriote, ayant un laissez-passer médical, prend contact avec le commandant Gallois-Cocteau pour lui proposer de l’emmener jusqu’à la ligne de contact entre les Allemands et les Américains, afin de demander à ceux-ci de se hâter de venir libérer Paris.

Le 21 août, après beaucoup d’aventures assez bien retracées dans le film «Paris brûle-t-il?», le contact est pris du côté de La Ferté-Alais, dans la vallée de la Chalmette. Gallois-Cocteau est emmené au PC du général Patton, à Courville. Patton reçoit avec amitié cet émissaire de la Résistance, mais il lui dit que la prise de Paris n’est pas prévue dans les plans. Gallois-Cocteau, qui avait entendu parler de la division Leclerc par les Américains, fait croire qu’il connaît personnellement le général et demande à aller le saluer.

Depuis le 16 août, la 2e DB n’appartient plus à la Ille armée de Patton, mais est affectée à la lre du général Hodges. En conséquence, les Américains envoient Gallois-Cocteau au PC du groupe d’armées, c’est-à-dire à l’échelon au-dessus, chez le général Bradley, à proximité du Mans, où il rencontrera effectivement le général Leclerc, mais le commandant de la 2e DB avait déjà en poche l’ordre de marcher sur Paris. Ce n’est donc pas cette mission qui provoqua l’ordre de progresser vers la capitale du haut commandement allié.

Quant aux autres missions de liaison, dont parle Dominique Lapierre, celle de Rolf Nordling, frère de Raoul, consul de Suède à Paris, assisté d’Alexandre de Saint-Phalle et de l’Autrichien Poch Pastor, sans oublier celle du major allemand Bender, nous les retrouverons à Rambouillet le 23 août, c’est-à-dire à un moment où l’affaire de Paris sera déjà largement entamée.

Comment cette libération de Paris par une grande unité française a-t-elle été organisée? C’est l’objet de cet article. La première fois que l’on parla de la participation d’une grande unité française au débarquement allié par le nord, c’est le 18 septembre 1943, dans un mémorandum du Comité Français de Libération Nationale aux grands responsables alliés, Roosevelt, Churchill et Staline, dans lequel il était dit, au sujet de l’emploi des forces françaises, qu’il faudrait qu’au moins une division blindée française soit transportée à temps en Angleterre «pour assurer la libération de Paris». Cela est rappelé par le général de Gaulle dans ses mémoires, au chapitre Combat.
Le général Leclerc avait à Alger un officier de liaison très habile et fort bien renseigné, le commandant Verdier, qui avait été mis dans la confidence par un camarade. Le 5 décembre 1943, Leclerc me convoqua pour me demander d’aller porter une lettre au général de Gaulle, faisant le point de ce qui manquait encore comme matériels à la 2e DB pour devenir opérationnelle, au cas où le choix du gouvernement tomberait sur elle pour aller en Angleterre. Le général de Gaulle confirma qu’un mémorandum avait été envoyé aux grands responsables alliés le 18 septembre pour cette participation au débarquement en Normandie d’une division blindée française. Il sourit quelque peu de la crainte exprimée dans sa lettre par le général Leclerc de voir une autre division que la sienne choisie pour cette mission en France. Il me dit :

«Vous direz au général Leclerc que j’attache une telle importance à ce que ce soit sa division qui soit choisie que, s’il le fallait, les matériels d’artillerie et les blindés qui lui manquent seraient pris dans une autre grande unité. Votre division sera, je l’espère fermement, mise à la disposition du commandement allié en Europe, mais dites bien au général Leclerc qu’il se peut que j’aie besoin de lui pour une mission nationale essentielle; que, dans ce cas, il ne devrait obéir qu’à mes seules instructions. Comme l’ambiance avec les Alliés n’est pas bonne, tout peut arriver. Les politiciens américains manœuvrent contre moi, en particulier Roosevelt semble vouloir imposer l’AMGOT (administration militaire des territoires occupés) en France, ainsi qu’une monnaie en francs… imprimée par le Trésor américain. Tout cela est intolérable et, à la première occasion, je rentrerai en France avec ou sans le consentement des Alliés. De cela vous ne devez parler qu’au général Leclerc, qui doit conserver la chose secrète, même pour ses plus proches collaborateurs. Si les Alliés se doutaient de quoi que ce soit, ils trouveraient n’importe quel prétexte pour ne pas transporter la 2e DB en Angleterre. Je dois voir le général Eisenhower en décembre, tout se décidera lors de cette conversation. À la différence de Roosevelt, qui comprend mal les affaires françaises… Eisenhower, lui, comprend nos problèmes politiques. Enfin, le comportement exemplaire des troupes françaises du général Juin en Tunisie ou en Italie lui a montré, en tant que commandant en chef, tout le parti qu’il pouvait en tirer. Dites bien au général Leclerc de ne pas se tracasser : si j’obtiens le transport d’une division, c’est la sienne qui ira en Grande-Bretagne.»

De Temara, le général Leclerc fit un accueil enthousiaste à mon compte rendu. Il ne tarit pas d’éloges sur la clairvoyance du général de Gaulle, puis après un moment de réflexion, il murmura : «Apprêtez-vous à repartir pour Alger avant l’entretien du général de Gaulle avec Eisenhower, je veux qu’il sache que j’ai bien compris ce qu’il attendait de moi.»

Le 14 décembre, je repartis donc pour Alger avec une nouvelle lettre du général Leclerc. Le général de Gaulle la lisait et y répondait aussitôt. Il confirmait que les pourparlers au sujet du transport de la 2e DB se poursuivaient, que les bateaux avaient été trouvés. Dans ses commentaires, il était dit que ses rapports avec le gouvernement américain étaient si mauvais qu’il se pourrait que toute communication télégraphique soit coupée au moment du débarquement, entre Alger et Londres. Il faudrait donc que le commandant de la 2e DB ne se laisse jamais enfermer dans des missions purement tactiques au seul profit du commandement allié mais qu’il puisse se dégager éventuellement pour une mission purement nationale et française, par exemple le rétablissement de l’autorité de l’État à Paris : «Parmi les hypothèses pour mon retour en France, il y a l’entrée dans Paris avec votre division.»

Puis, prenant une feuille de papier, il écrivit qu’il nommait le général Leclerc gouverneur militaire de Paris par intérim, c’est-à-dire avant l’arrivée du général Kœnig : c’était le 14 décembre 1943!

La veille de notre départ pour l’Angleterre, le 7 avril 1944, le général de Gaulle vint inspecter la 2e DB au Maroc. Le général Leclerc avait réuni tous les officiers dans le casino de Temara et là, dans un grand silence, le général de Gaulle nous annonça que nous allions être la première grande unité française de l’armée de terre à débarquer sur les côtes de France, que nous aurions sûrement des missions très importantes à accomplir, qu’il avait confiance en nous et qu’il nous le prouverait… Lors de la conversation privée avec le général Leclerc, il sera formel : l’objectif de la 2e DB serait la libération de Paris.

Dans la très belle lettre que le général Leclerc écrira le surlendemain 9 avril 1944, que dit-il? : «En terminant, je ne forme qu’un souhait, Mon Général, c’est de pouvoir vous accueillir et vous saluer prochainement dans une grande ville française libérée, comme à Douala en 1940.» Le général Leclerc ne peut être plus clair sans enfreindre les consignes…

Pendant tout son séjour en Angleterre, il pousse les états-majors alliés à faire débarquer sa division suffisamment à temps pour participer à l’exploitation vers Paris, après la rupture du front de Normandie, sans le dire ouvertement. À force de démarches réussies, la 2e DB se trouve affectée au XVe CA américain, sous l’autorité du général Patton, commandant la Ille armée américaine.

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MessageSujet: Re: LA 2° FRENCH ARMORED DIVISION   Lun 15 Oct - 10:27

Le 1er août, elle commence son débarquement à Utah-Beach; le front allemand vient de céder dans la région de Saint-Lô et, selon le plan allié, notre division se voit lancée dans un vaste mouvement tournant pour venir attaquer du Mans vers Alençon et Argentan ce qui subsiste du groupe d’armées de Rommel. La mission convient parfaitement au général Leclerc : la rupture du front vers Alençon, la prise d’Alençon, l’arrivée aux lisières d’Argentan le 12 août sont suffisamment connues pour qu’il ne soit pas nécessaire de s’étendre sur le sujet. Dans ces combats, la 2e DB avait perdu 141 tués, 78 disparus, 618 blessés, 38 chars moyens ou TD, 15 chars légers, 12 automitrailleuses et sept canons automoteurs; elle avait infligé à l’ennemi des pertes considérables :4 500 tués, 8 800 prisonniers, 32 chars lourds, 86 chars moyens, 25 canons automoteurs et 700 véhicules de toute nature (chiffres alliés).

Le 15 août, les officiers de liaison américains font savoir au général Leclerc que le commandement américain a l’intention de faire participer la 2e DB à la destruction des éléments de la poche de Falaise, en direction de Trun-Chambois. Le général Leclerc pense à sa mission éventuelle sur Paris, aux directives du général de Gaulle et ne veut pas se laisser accaparer par cette opération. Il fait remarquer aux Américains que ce n’est pas une mission de division blindée que d’aller attaquer des unités enterrées et retranchées. Les Américains semblent se laisser convaincre. Le 16 août, un seul groupement de la 2e DB sera autorisé par le général Leclerc à flanc-garder l’opération américaine en direction de Trun-Chambois; mais, en fin de journée, une nouvelle met le général au comble de la fureur : la 2e DB quitte la Ille armée de Patton pour passer à la Ire armée du général Hodges, qui a pour mission de faire face à l’ouest et de liquider
les résistances de Bretagne. La mission vers Paris semble compromise!

C’est alors que le général Leclerc, conformément aux instructions qu’il avait reçues, choisira l’intérêt national en forçant la main des Américains. Il prépare de sa propre initiative l’envoi d’une reconnaissance en force sur Paris.

Le 21 août, je suis chargé d’occuper les deux officiers de liaison américains, afin qu’ils n’assistent pas aux préparatifs de départ du détachement Guillebon vers Paris et n’alertent pas leurs supérieurs.

Pendant ce temps, le général de Gaulle avait quitté Alger le 18 août et était arrivé le 20 au matin à Maupertuis. Il se dirigea aussitôt vers le QG d’Eisenhower.

Il décrit dans ses Mémoires la manœuvre du commandant en chef, puis s’exprime ainsi : «Le plan du commandant en chef me parut tout à fait logique, sauf sur un point dont je me souciais fort : personne ne marchait sur Paris. J’en marquais à Eisenhower ma surprise et mon inquiétude... Eisenhower ne me cacha pas son embarras.»

Le général de Gaulle conclut : «L’incertitude d’Eisenhower me donnait à penser que le commandement militaire se trouvait quelque peu entravé par le projet de politique poursuivi par Laval, favorisé par Roosevelt, et qui exigeait que Paris fût tenu à l’abri des secousses. À ce projet, la Résistance venait sans doute de mettre un terme en engageant le combat.»

Le 21 août, c’est-à-dire le lendemain de cette entrevue, le général de Gaulle ayant reçu de nouveaux renseignements graves sur la situation dans la capitale, en particulier celui de l’abandon éventuel de la préfecture de police sous la menace des chars allemands, écrit cette fois, depuis Rennes, au général Eisenhower : «Je crois qu’il est vraiment néces-saire de faire occuper Paris au plus tôt par les forces françaises et alliées, même s’il devait se produire quelques combats et quelques dégâts à l’intérieur de la ville…»

Dans la matinée du lendemain 22 août, le général de Gaulle reçoit le chef d’escadron Weil, officier de liaison du général Leclerc avec une lettre de ce dernier. Leclerc écrit : «Depuis huit jours, le commandement allié nous fait marquer le pas. On m’a donné l’assurance que l’objectif de ma division était Paris. Mais, devant une pareille paralysie, j’ai pris la décision suivante : Guillebon est envoyé avec un détachement léger, direction Versailles, avec ordre de prendre le contact, de me renseigner et d’entrer dans Paris si l’ennemi se replie. Je ne peux malheureusement en faire de même pour le gros de ma division, pour des questions de ravitaillement en carburant et afin de ne pas violer ouvertement toutes les règles de la subordination militaire…»
À midi, le général de Gaulle répond par écrit pour couvrir le général Leclerc dont il sait que la décision a provoqué la colère de certains militaires américains, dont le général Gerow, commandant le VI CA : «J’approuve votre intention. Il faut avoir un élément au moins, au contact de Paris, sans délai. J’ai vu Eisenhower le 20. Il m’a promis que vous alliez recevoir Paris comme direction. Le général Kœnig est en ce moment près d’Eisenhower ainsi que le général Juin. Ils sont porteurs d’une nouvelle lettre de moi qui insiste.»

Le soir même de ce 22 août, le général Leclerc recevait enfin l’ordre de marcher sur Paris, de s’emparer des ponts sur la Seine, conjointement avec la 4e DI américaine. Les ordres de mouvement étaient donnés à partir du PC de la division à Fleuré, devant Argentan.

Toute la nuit, les préparatifs de marche sur Paris étaient faits dans une atmosphère de liesse. Le 23 au petit matin, la 2e DB faisait route sur deux axes : l’un, Sées, Mortagne, Maintenon, Rambouillet, l’autre Alençon, Nogent-le-Rotrou, Chartres, Ablis, Longjumeau.

Au moment de son départ par avion, la veille, du PC Bradley, le général Leclerc avait rencontré le commandant Gallois-Cocteau, qui l’alerta avec compétence sur la situation difficile des résistants dans la capitale. Le commandant de la 2e DB lui confirma qu’il venait de recevoir l’ordre de marcher sur Paris, qu’il espérait reconnaître la capitale dès le 23 et y pénétrer le 24.

Lorsque le général Bradley vint en France en 1974 et alla se recueillir à Colombey sur la tombe du général de Gaulle, j’avais été chargé de l’accueillir et de le saluer. Je profitai de l’occasion pour lui demander quand le général Eisenhower avait pris la décision d’envoyer la 2e DB sur Paris. Il me répondit sans hésiter : «Après la visite du général Kœnig», c’est-à-dire le 22 août.

Le général Eisenhower, après la visite de Kœnig avec la lettre du général de Gaulle, envoya au général Marshall un TO lui rendant compte qu’il avait donné l’ordre de libérer Paris, étant donné la situation grave dans la capitale, passant outre, ainsi, à toute objection de Roosevelt.

Dans l’après-midi du 23 août, le général Leclerc, après avoir vu à Rambouillet le lieutenant-colonel de Guillebon et reçu son compte rendu, écrit au général de Gaulle à Chartres par l’intermédiaire du capitaine Janney : «Guillebon a pris le contact avec pas mal d’Allemands; les FFI ont peut-être libéré l’intérieur de Paris à l’heure actuelle, mais la périphérie est encore solidement tenue avec chars et antichars, mines, etc. J’engagerai donc l’opération demain matin au petit jour.»

Le général de Gaulle répond sur papier à en-tête de la préfecture d’Eure-et-Loir. Il note l’heure : 14 h 55.

«Je reçois le capitaine Janney et votre mot. Je voudrais vous voir aujourd’hui. Je compte être à Rambouillet ce soir et vous y voir. Je vous embrasse.»

Charles de GAULLE

Dès l’arrivée du général de Gaulle, Leclerc se rend au
château de Rambouillet. Là, le général de Gaulle le félicite de l’action remarquable de sa division en Normandie et lui demande comment il compte s’y prendre pour conquérir Paris avec une division blindée! L’exposé est extrêmement «brillant». Le commandant de la 2e DB conclut que ce sera dur mais qu’il pense être dans Paris le 24 au soir, arrachant cette conclusion au général de Gaulle : «C’est égal, Leclerc, libérer Paris avec une DB, nul chef français n’a jamais eu une chance plus grande, mais nul ne l’a mieux méritée. La chance des généraux en temps de guerre, c’est le bonheur des gouvernements et des peuples.»

Il arrivait au général Leclerc de dire, sous forme de boutade : «Ce que j’ai fait de mieux dans ma carrière, je l’ai fait en désobéissant.» Lorsqu’on rapportait ces propos au général de Gaulle, celui-ci souriait et répondait : «Leclerc ne m’a jamais désobéi, il a toujours exécuté mes ordres, même ceux que je ne lui ai pas donnés… car il était tellement imprégné de la mission que je lui avais confiée qu’il en déduisait lui-même les actions à entreprendre.»

Ce fut vraiment le cas pour la libération de Paris.

Notes

– Pertes pour la libération de Paris :

FFI et FTP : 910 tués, 1 500 blessés – 2e DB : 78 tués, 300 blessés.

– Pour plus de détails, voir : A. de Boissieu, «Pour combattre avec de Gaulle» - Plon.

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